L’essentiel Ă retenir :
La gourme chez le cheval se manifeste par une hyperthermie > 39,5 °C et un jetage nasal purulent favorisant la contagion. Cette maladie bactérienne implique des abcÚs lymphatiques souvent rompant, sources majeures de transmission. Environ 10 % des chevaux contaminés deviennent porteurs chroniques, ce qui complique la gestion sanitaire des foyers.
La gourme chez les Ă©quidĂ©s n’est pas qu’une simple infection respiratoire mais un rĂ©el dĂ©fi pour les Ă©levages Ă cause de sa contagiositĂ© et de ses complications. MalgrĂ© une prise en charge adaptĂ©e, la persistence des porteurs asymptomatiques nĂ©cessite un suivi rigoureux en biosĂ©curitĂ© et des tests spĂ©cifiques comme le lavage des poches gutturales. Cette vigilance est impĂ©rative afin de limiter le risque de contamination au sein des groupes et la propagation bactĂ©rienne. AprĂšs lecture, vous serez en mesure d’identifier les signes, comprendre les mĂ©canismes de transmission et adopter les mesures de contrĂŽle adaptĂ©es.
Gourme chez le cheval : symptĂŽmes et transmission
Signes cliniques classiques
La gourme chez le cheval se caractĂ©rise par une hyperthermie importante gĂ©nĂ©ralement > 39,5 °C, un abattement et une perte dâappĂ©tit. Rapidement apparaĂźt un jetage nasal mucopurulent qui Ă©volue dâabord vers une sĂ©crĂ©tion claire, puis devient purulente et Ă©paisse.
On observe Ă©galement un gonflement douloureux des nĆuds lymphatiques sous-mandibulaires et rĂ©tropharyngiens, souvent suivi dâune abcĂ©dation. Ces abcĂšs peuvent se rompre, laissant Ă©chapper un pus riche en bactĂ©ries, ce qui favorise la transmission. La difficultĂ© Ă manger et Ă boire est frĂ©quente, tout comme la toux exacerbĂ©e lors de lâalimentation. Il est important de consulter un vĂ©tĂ©rinaire pour dĂ©terminer les soins pour la dermatose chez le cheval appropriĂ©s.
Signes moins fréquents et complications
Chez certains chevaux, la gourme prĂ©sente des complications rares telles que le purpura hĂ©morragique ou la myosite, dues Ă une rĂ©action immunitaire excessive. Les abcĂšs peuvent aussi se former dans dâautres rĂ©gions, notamment dans la cavitĂ© thoracique ou abdominale, formant des abcĂšs mĂ©tastatiques.
Lorsque du pus sâaccumule dans les poches gutturales, on parle dâempyĂšme des poches gutturales. Ceci peut provoquer une toux chronique, un jetage nasal unilatĂ©ral intermittent et, parfois, une dysphagie liĂ©e Ă la compression nerveuse. Ces porteurs deviennent des sources potentielles de transmission prolongĂ©e, parfois plusieurs annĂ©es.
Causes et agent de gourme chez le cheval
Agent: Streptococcus equi subsp equi
La gourme est due à la bactérie Streptococcus equi subsp equi, un pathogÚne strictement équin, trÚs spécifique et hautement contagieux. Cette bactérie envahit les muqueuses des voies respiratoires supérieures, provoquant une inflammation et une infection des ganglions lymphatiques. Pour en savoir davantage sur maladies du cheval, il est essentiel de connaßtre les différentes affections pouvant toucher cette espÚce.
La bactĂ©rie se propage rapidement par contact direct entre chevaux, mais aussi par contact indirect via le matĂ©riel contaminĂ© (licols, seaux), voire par lâeau contaminĂ©e oĂč elle peut survivre jusquâĂ 6 semaines en milieu humide.
Formes cliniques et complications
Plusieurs formes cliniques de gourme existent :
- Forme classique avec fiĂšvre, abcĂšs lymphatiques et jetage nasal purulent.
- Forme chronique oĂč certains chevaux deviennent porteurs intermittents sans signes cliniques visibles mais excrĂ©tant la bactĂ©rie.
- Forme mĂ©tastatique, avec abcĂšs internes dans le thorax, lâabdomen, ou autres organes.
- Complications immunitaires telles que purpura hémorragique ou myosite.
Environ 10% des chevaux contaminés deviennent porteurs chroniques, un chiffre essentiel concernant la gestion sanitaire des foyers.
Diagnostic et tests de gourme
PCR, culture et lavage des poches gutturales
Le diagnostic prĂ©cis repose sur la dĂ©tection du gĂ©nome bactĂ©rien par PCR sur des prĂ©lĂšvements de jetage nasal, de pus dâabcĂšs, ou de lavage des poches gutturales. Ce dernier est le test le plus sensible pour identifier les porteurs chroniques. La culture bactĂ©rienne reste intĂ©ressante pour confirmer et caractĂ©riser la souche mais est plus longue Ă obtenir.
Il faut Ă©viter les prĂ©lĂšvements trop prĂ©coces afin de ne pas fausser le rĂ©sultat par un faux nĂ©gatif. Une pĂ©riode dâau moins 48 heures aprĂšs lâapparition de la fiĂšvre est recommandĂ©e. Le lavage des poches gutturales peut nĂ©cessiter un endoscope et un vĂ©tĂ©rinaire spĂ©cialisĂ©.
Sérodiagnostics et porteurs (SeM ELISA)
Le test SeM ELISA détecte les anticorps dirigés contre S. equi. Il sert principalement à identifier les chevaux porteurs ou récemment infectés. Ce test est utile notamment pour repérer les porteurs asymptomatiques qui peuvent contribuer à la persistence de la maladie dans une écurie.
Attention, la sĂ©rologie peut ĂȘtre positive chez les chevaux vaccinĂ©s du fait de la production dâanticorps, dâoĂč lâimportance de comparer avec le statut vaccinal et les rĂ©sultats PCR.
Le mot de l’auteur
« Repérer et traiter rapidement les porteurs asymptomatiques est la clé pour interrompre la chaßne de transmission dans une écurie. »
Traitement et gestion des foyers
Traitement et antibiotiques
Le traitement repose essentiellement sur le drainage des abcÚs une fois mûrs pour favoriser la guérison. Des compresses chaudes favorisent cette maturation. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) soulagent la douleur et font baisser la fiÚvre.
Lâusage dâantibiotiques est rĂ©servĂ© aux cas graves prĂ©sentant une dĂ©tresse respiratoire, une dysphagie importante ou des complications mĂ©tastatiques. Leur utilisation dans les formes typiques peut retarder la formation des abcĂšs et limiter lâimmunitĂ© naturelle.
Isolement, biosécurité et porteurs
Il est impĂ©ratif dâisoler immĂ©diatement les chevaux atteints et de limiter les contacts directs et indirects. Le nettoyage rĂ©gulier des mains, bottes, et matĂ©riel est indispensable. Le personnel doit porter vĂȘtements et gants jetables pour Ă©viter la dissĂ©mination.
La durĂ©e dâisolement doit aller de 2 Ă 6 semaines aprĂšs guĂ©rison, en tenant compte de la prĂ©sence Ă©ventuelle de pus dans les poches gutturales. Ce dĂ©lai garantit que lâanimal ne reste pas un vecteur.
Les porteurs chroniques peuvent excrĂ©ter la bactĂ©rie par intermittence pendant plusieurs annĂ©es et doivent ĂȘtre identifiĂ©s par PCR et traitĂ©s par lavage et antibiothĂ©rapie locale afin dâĂ©viter de provoquer de nouveaux foyers.
Prévention, vaccination et surveillance
Protocole vaccinal et groupes Ă vacciner
Depuis 2021, un vaccin inactivĂ© (STRANGVACÂź) est disponible. Il rĂ©duit la sĂ©vĂ©ritĂ© des symptĂŽmes en stimulant lâimmunitĂ©, mais ne bloque pas la transmission bactĂ©rienne, les chevaux vaccinĂ©s pouvant donc rester contagieux.
Le protocole prĂ©conise deux injections Ă un mois dâintervalle avant la pĂ©riode Ă risque, suivies dâun rappel 3 mois plus tard si nĂ©cessaire, puis des rappels tous les 6 Ă 12 mois selon le contexte Ă©pidĂ©miologique.
Le vaccin cible principalement les chevaux Ă risque : jeunes chevaux, chevaux en mouvement frĂ©quent (compĂ©tition, reproduction), et Ă©curies Ă forte densitĂ©. Il faut Ă©viter de vacciner les chevaux en phase dâinfection ou porteurs, car des rĂ©actions peuvent survenir.
Quarantaine, tests et suivi sanitaire
Une quarantaine de 3 Ă 4 semaines est recommandĂ©e pour les nouveaux arrivants afin dâobserver lâapparition Ă©ventuelle de signes cliniques.
Elle doit ĂȘtre complĂ©tĂ©e par deux tests sĂ©rologiques ELISA espacĂ©s de 2 semaines pour vĂ©rifier la non-infection rĂ©cente ou le portage bactĂ©rien. En cas de positivitĂ©, des lavages des poches gutturales associĂ©s Ă une PCR sont nĂ©cessaires pour dĂ©tecter les porteurs chroniques.
Dans les structures à mouvements fréquents, la quarantaine est plus difficile à appliquer. Il convient alors de mettre en place une gestion par lots, un suivi quotidien de la température et une isolement immédiat des cas suspects dÚs la premiÚre fiÚvre.
đ§ź Calculateur de durĂ©e dâisolement en cas de gourme chez le cheval
Estimez la durĂ©e minimale dâisolement nĂ©cessaire selon la prĂ©sence de pus et la date de disparition des symptĂŽmes.
FAQ â gourme chez le cheval
Quels sont les signes de la gourme chez le cheval ?
Les signes de la gourme chez le cheval incluent une forte fiĂšvre (>39,5 °C), un abattement, une perte dâappĂ©tit, un jetage nasal mucopurulent, et un gonflement douloureux des ganglions lymphatiques sous-mandibulaires souvent suivi d’abcĂšs.
Comment se débarrasser de la gourme ?
Pour se dĂ©barrasser de la gourme, il faut drainer les abcĂšs lorsqu’ils sont mĂ»rs, appliquer des compresses chaudes, isoler les chevaux infectĂ©s, assurer une bonne hygiĂšne et utiliser les antibiotiques uniquement en cas de complications sĂ©vĂšres.
Est-ce que la gourme est transmissible Ă l’homme ?
La gourme est causĂ©e par une bactĂ©rie strictement Ă©quine, Streptococcus equi subsp equi, et n’est pas transmissible Ă l’homme. La maladie est spĂ©cifique aux chevaux et ne prĂ©sente pas de risque zoonotique connu.
Comment traiter la gourme chez le cheval ?
Le traitement de la gourme inclut le drainage des abcĂšs, les compresses chaudes, les anti-inflammatoires pour la fiĂšvre et la douleur, et les antibiotiques rĂ©servĂ©s aux cas graves ou compliquĂ©s. Lâisolement et la biosĂ©curitĂ© sont essentiels pour limiter la transmission.
Quelle est la durĂ©e dâisolement recommandĂ©e pour un cheval atteint de gourme ?
La durĂ©e dâisolement recommandĂ©e est de 14 jours aprĂšs la fin des symptĂŽmes sans pus dans les poches gutturales, et jusquâĂ 42 jours si du pus est prĂ©sent, afin de prĂ©venir une nouvelle contamination en tenant compte du risque de porteurs chroniques.
Comment identifier les porteurs asymptomatiques de gourme ?
Les porteurs asymptomatiques de gourme sont identifiés principalement par un lavage des poches gutturales avec PCR, qui est le test le plus sensible. La sérologie SeM ELISA aide aussi à détecter les porteurs récents ou asymptomatiques en complément.





